On part à la découverte de l’architecture des années 50 à Royan. On tombe sous le charme des villas colorées qui font de Royan une ville “fifties” et lui confèrent son ambiance rétro si particulière.

Après la guerre, la reconstruction

Écrasée par un déluge de bombes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Royan s’est relevée au terme d’une phase de reconstruction de près de 20 ans où le modernisme architectural s’est adouci d’académismes charentais et de nuances tropicales importées du Brésil. Ce vaste héritage de béton des années 1950 se lit aujourd’hui dans le paysage vertical de la station balnéaire à travers une série d’édifices inscrits au titre des Monuments Historiques tels que le temple protestant, la Villa Ombre Blanche ou encore la Villa Hélianthe.

L’enfer d’acier qui s’est déchaîné sur la « Perle de l’océan » en janvier et avril 1945 a fait table rase d’un temps bâti sur de solides fondations néo-classiques et d’art-nouveau de la Belle Époque. Dévasté par le feu, le centre-ville n’est plus qu’une immense page vierge à recomposer. Le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie cette lourde tâche à Claude Ferret, directeur des études à l’École d’Architecture de Bordeaux, rejoint par ses homologues Louis Simon et André Morisseau. Dans un contexte d’urgence, le débat porte sur la nature même du chantier et sur l’opportunité d’en adapter le dessin et l’esthétisme aux nouveaux canons de l’époque.

Faut-il refaire tout à l’identique ou emprunter une voie résolument moderniste afin de bâtir une ville en phase avec l’air du temps ?

Royan, la ville la plus « 50 » de France

Les décideurs optent alors pour un projet hybride dont la première étape s’illustre dans les façades du boulevard Aristide-Briand. Les codes classiques des années 30 rejoignent quelques signes avant-gardistes. Cette colonne vertébrale, déployée entre le marché central et le front de mer qui suit naturellement le littoral et la Grande Conche, est inaugurée dès 1951. Dans l’intervalle, les urbanistes royannais s’inspirent de l’architecture de l’École brésilienne. Ils s’imprègnent par exemple des réalisations pratiques au sein du quartier Pampulha de la station balnéaire Belo Horizonte sous l’égide d’Oscar Niemeyer (lui-même inspiré par Le Corbusier). De cette influence vont naître des impressions visuelles et des effets graphiques inédits qui donnent un relief particulier à Royan et façonnent une image forte du tourisme en Charente-Maritime.

Les lignes droites s’arrondissent et la sensation aérienne de légèreté se manifeste dans l’usage de pilotis (Villa Boomerang, Pierre Marmouget 1955-1959, Villa Ombre Blanche, Claude Bonnefoy, 1959) et la mise en forme d’escaliers hélicoïdaux dépourvus de garde-corps (Villa Le vent du large, Louis Simon, 1953). Les couleurs fleurissent sur des édifices aménagés de toits-terrasses, loggias ou marquises. Les façades blanches se parent d’éléments propres à favoriser un jeu subtil d’ombre et de lumière, de pleins et de vides. Cela crée un équilibre chic entre design et sophistication matérialisé par des persiennes coulissantes, claustras, brise-soleil et autres pavés de verre (immeuble Gantier, André Morisseau, 1946-1961, Villa Grille-pain, Pierre Marmouget, Edouard Pinet, 1956).

Lieux emblématiques des années 50

Plusieurs bâtiments publics rythment les déambulations dans les rues de la station balnéaire. On en a choisi trois mais la liste est loin d’être exhaustive !

  • Le Marché Central (André Morisseau, Louis Simon, René Sarger, Bernard Lafaille, 1955)

Il se distingue par sa couverture monolithe (50 mètres d’envergure). Selon les interprétations il évoque un parachute gonflé par le vent ou un coquillage renversé. Il est symbole de la renaissance de la ville.

  • L’église Notre-Dame (Guillaume Gillet, Bernard Lafaille, René Sarger, 1954-1958)

Elle est représentative de l’architecture religieuse moderne dont elle fait figure de chef d’œuvre en France et même en Europe. Ce monument de béton brut épouse la forme d’une proue prolongée d’un clocher qui culmine à 60 mètres du sol.

  • Le Palais des Congrès (Claude Ferret, 1958)

Classé Monument Historique en 2011, le Palais des Congrès se présentait à son inauguration comme un parallélépipède aérien assis sur pilotis. Il est vaguement inspiré du yacht club de Pampulha. Agrandi et restauré au cours des décennies suivantes, l’édifice perd son souffle exotique originel. Sa récente rénovation lui rend son identité « 50 ».

Les visites guidées de Royan permettent de découvrir l’ensemble de ces sites, accompagné d’un guide conférencier.

Des hébergements hauts en couleur pour revivre les années 50

Trois locations de vacances se regroupent au sein du collectif « Club Royan 50 » pour valoriser l’architecture années 50 :

  • Ciel de Royan : appartement et duplex dans une maison de trois étages. Il est construit entre 1957 et 1961 dans le quartier de Foncillon
  • Clair Accueil : hébergement dans la villa éponyme construite en 1956 à Saint-Georges-de-Didonne
  • Le Tiki sunset : appartement vue mer dans le plus pur style de la reconstruction, quartier du Parc

Pour « plonger » dans une ambiance 50’s, on peut aussi séjourner le temps d’une nuit dans l’hôtel Le Trident Thyrsé. Situé face à la mer et à la plage, l’hôtel dont la plupart du mobilier est d’époque nous emmène 70 ans en arrière.

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